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Sergent : l'Angevine qui fait un cartoon

Rencontre.

Publié le 26 January 2012

Après Bottes de princes et bigoudis, Annabelle Sergent met tout le monde au garde-à-vous avec son spectacle PP les P’tits cailloux. Dans ce road-movie au rythme effréné, l’Angevine part sur les traces du petit poucet... Une performance.

Le Hic : PP les P’tits cailloux raconte, à votre façon, l’histoire du petit poucet. Cela dit, votre version n’a pas grand chose à voir avec celle de Charles Perrault. Pourquoi cet ancrage ? Annabelle Sergent : Effectivement, il s’agit de mon propre texte, mais, comme pour Bottes de prince, écrite à partir d’un conte. L’univers des contes m’attire particulièrement. Leur côté visuel correspond assez bien au rapport que j’ai à l’art. Ce qui m’intéresse aussi, c’est le fait qu’ils s’inscrivent toujours dans une sorte de logique, basée sur des archétypes.

 

Vous avez subitement fait parler de vous avec Bottes de Princes et Bigoudis, une première pièce solo, jouée 350 fois depuis 2006. Puis avec P.P, nommé aux Molières, quelques semaines après sa création. Quel a été votre parcours ? Je ne suis pas ce que l’on pourrait appeler un produit du théâtre. Je n’ai fait qu’une année de Conservatoire et déjà, là-bas, je ne trouvais pas ma place avec les autres. Mon endroit artistique n’était pas celui du comédien “normé”. J’avais un autre rapport au langage. Dans la distribution du Roi Lear, par exemple, mon rôle ne pouvait être autre que celui du fou, qui raconte. J’avais envie d’occuper cet espace, au croisement entre imaginaire et récits du patrimoine. Or, cet espace ne permet pas le partage. Il est trop singulier.

 

Là, vous avez fait une exception en collaborant avec Vincent Loizeau, plus connu sous le nom de Kwal... Effectivement. Après Bottes de Prince et Bigoudis, j’avais envie d’entrer dans une autre écriture. J’ai voulu travailler avec Kwal car j’aime beaucoup son univers, très fort, et son rapport à la langue. Lui est un slameur, moi une verbeuse. Ensemble, nous avons créé une troisième langue qui me correspond et m’a emmenée plus loin. Et puis, j’ai aussi collaboré avec Régis Raimbault et Jannick Launay, qui ont composé la bande-son, et Patrick Touzard qui a signé la création lumière. Ce sont des partenaires non pas accessoires mais essentiels dans la mesure où la scénographie est dépourvue de décor.


Vous vous attendiez à être nommée aux Molières ? Pas du tout ! On ne faisait pas partie du casting au départ. Et puis c’est arrivé trois mois seulement après la création, alors que nous étions encore en train de nous battre avec le “monstre” ! Une surprise oui, que l’on n’avait pas vue venir, même si on sentait dans ce qui se jouait avec le public et les professionnels que l’accueil du spectacle dépassait tout ce que nous avions imaginé.


>> Plus d’infos sur www.cieloba.org

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