Maison en paille : ça les botte !
De la paille à la place des parpaings… Depuis 2005, l’idée germait dans la tête de Muriel et Jean-François Dennu. Aux Herbiers, leur maison, auto construite, est désormais sortie de terre et en cours de finition. Récit d’une belle aventure, “cimentée” à grands coups de solidarité.
“Quand on a commencé à y penser sérieusement, et à en parler, ça paraissait un peu farfelu. Chacun a en tête l’histoire des 3 petits cochons et de la maison en paille soufflée par le loup...” Pourtant, désormais sortie de terre, la maison a plutôt fière allure. Muriel et Jean-François Dennu, novices en la matière, ont donné tort aux plus sceptiques, et finalement rallié un bataillon de bonnes volontés autour de leur projet un peu fou.
Première approche…
Problématique de départ : concilier trois contraintes, budgétaire, spatiale et écologique. Après avoir étudié de nombreuses pistes, notamment les maisons en bois nordiques vendues en kit, le procédé mis en avant sur le site Approche paille(1), a titillé leur curiosité. “Nous avons été définitivement convaincus en visitant une maison du côté d’Angoulême, précise Jean-François, et mon père, menuisier de métier, avec.”
Caractéristiques de ce type d’habitation : une ossature en
bois, et une isolation en ballots de paille. Tout cela fait maison suivant une technique, dite du GREB car elle a été mise au point par le Groupe de Recherche Écologique de la Batture, au Québec. Le réseau Approche paille en fait la promotion en France, et propose des formations tout en mettant en contact les néophytes.
Bioclimatique
Jusqu’au-boutiste, le couple a délaissé le ciment, pour le coffrage des murs extérieurs, au profit d’un mortier à base de sable, sciure de bois blanc, eau et chaux, d’une épaisseur de 4-5 cm de chaque côté des ballots. Les cloisons intérieures ont été faites avec la même base enrichie de paille préalablement passée au broyeur végétal, l’isolation du plafond avec de la ouate de cellulose. “Cela nous assure une R(2) de 6 à 8 au lieu de 4 pour le parpaing.”
L’équipement renforce encore cet environnement bioclimatique : une grande surface vitrée orientée plein sud, des panneaux photovoltaïques, un ballon d’eau chaude, un puits canadien relié à une VMC double flux, un poêle optimisé par 4 bouches de récupération de chaleur et un mur de masse… Rien n’a été laissé au hasard. Grâce à l’autoconstruction, le coût a été réduit à 800 euros le mètre carré, la surface habitable s’élevant à 144 m2.
L’auberge espagnole
Avertis par le bouche à oreille, et via un blog(3), les gros bras et petites mains en tout genre sont venus prêter main-forte en masse. “L’été dernier, nous n’avons jamais été moins de douze sur le chantier. Certains jours, on était près d’une trentaine. Des amis, des stagiaires, des gens qui passaient par là… c’était inespéré. Et c’est ce qui nous reste en tête, maintenant, raconte Muriel, ce qui fait à nos yeux la vraie valeur de cette maison.”
(1) http://www.approchepaille.fr/
(2) R : abréviation de résistance thermique, rapport entre l’épaisseur en m2 et la conductivité thermique du matériau choisi.
(3) http://jeffdennu.googlepages.com
pour une fois ça parait VRAIMENT écolo. ça donne envie en tout cas.
Par Aline le 09/04/2008 à 16:49