Des toilettes sèches à la maison
La toilette sèche, également appelée toilette à compost ou à litière biomaîtrisée, compte de plus en plus d'adeptes. A Saint-Sebastien-sur-Loire, Marie et son compagnon, 26 ans, en sont équipés depuis six mois. Et n'ont aucun regret au vu des conséquences environnementales.
La toilette sèche de Marie a été réalisée par un artisan menuisier nantais, Vivian Eon.
C'est un choix pas facile à faire. Presqu'un renoncement au confort et à la modernité, tant le symbole est fort, et le dégoût face aux déchets organiques important. Et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à avoir abandonné la chasse d'eau pour la litière.
Extérieurement, la différence entre toilettes sèches et toilettes chimiques n'est pas flagrante. Souvent personnalisées, ces toilettes dans leur forme la plus basique se composent d'un caisson en bois dont la planche supérieure est percée et équipée d'une lunette, avec en dessous un seau, idéalement en inox, pour recueillir les déjections.
Sciure ou copeaux
Le geste obligatoire, après chaque passage, c'est de verser de la sciure ou des copeaux de bois sur les excréments. Ce substrat végétal permet d'équilibrer la forte concentration en azote des urines et des matières
fécales, d'absorber l'humidité en neutralisant les odeurs et de faciliter l'aération du compost. C'est ce processus très simple, découvert par Joseph Orszagh, qui fait toute la différence avec les latrines d'autrefois.
Marie, 26 ans, fait partie des nouvelles converties. Chargée de diffusion pour une compagnie nantaise d'arts de rue, elle a décidé de troquer ses toilettes chimiques contre des toilette sèches à l'occasion de la rénovation de sa salle de bains. Six mois plus tard, l'utilisation est devenue naturelle : "Les seules contraintes, c'est de vider le seau, tous les trois jours, dans un trou que nous avons creusé dans le jardin (il faut compter 1 mètre carré par personne)."
L'effet de surprise
"Passé l'effet de surprise, nos invités sont souvent étonnés de l'absence d'odeurs. Six de nos amis, qui habitent dans une maison avec jardin, ont fait ce choix aussi. Pour mes parents, en revanche, c'est un peu plus dur à comprendre, et plutôt perçu comme un retour en arrière."
Pourtant, quand on sait l'impact sur l'environnement, cette idée prend toute sa force. En premier lieu parce que les matières organiques constituent la première source de pollution des rivières. Les stations d'épuration, installations coûteuses, mettent en oeuvre des traîtements qui ne détruisent que "70 à 80% de la pollution organique carbonnée" (source CNRS, voir sur http://www.cnrs.fr). Sous forme de compost, ces matières enrichissent le sol, mais aussi les nappes phréatiques.
Et puis, il y a la question de l'eau. Chaque chasse utilise une dizaine de litres de cette rendue potable à grands frais. A la fin de la journée, cela représente 35% de la consommation moyenne d'un Occidental. Des arguments qui ne manquent pas de faire réfléchir...