Audi RS6 : Brute épaisse
Avec la RS6 Avant, Audi nous refait le coup du break extrême à - très - hautes performances. Un break qui s’empare quand même du V10 de la Lamborghini Gallardo pour le gonfler à 580 ch, soit 160 de plus que la berlinette de la gamme aux 4 anneaux :
la R8 !
10 cylindres en V, 4 roues motrices, 580 ch, des détails qui font tout de suite mouche à l’oreille de n’importe quel passionné d’automobile, qui pose alors la question : de quelle GT s’agit-il ? Et là, il tombe des nues, puisqu’il s’agit d’un break, affûté certes, mais bien d’un break. L’Audi A6 Avant, en l’occurrence qui, ainsi gréée, se mue en RS6 Avant. Elle reprend ainsi le flambeau de la précédente RS6 Avant, qui avait terminé sa carrière avec une version Plus, forte de 480 ch “seulement”. Et mine de rien, s’avère être la plus puissante Audi de série jamais produite.
Merci Lamborghini !
Mais en parlant de GT, on n’est pas si loin du sujet que ça, puisque l’Audi accueillie ni plus ni moins que le V10 de la Lamborgini Gallardo. Lamborghini est en effet une marque du groupe Volkswagen comme Audi, et cette dernière est plus particulièrement chargée de gérer la destinée de la marque au taureau.
Donc, ce V10, apparu sous le capot - arrière - de la Gallardo avec une cylindrée de 5 litres et 500 ch à la clé, a ensuite migré sous le capot - avant - des A6 et A8 pour leurs versions sportives S. Il a alors bénéficié d’une légère augmentation de cylindrée, gagnant 200 cm3, et de l’injection directe, pour délivrer 435 ch sur la S6 et 450 ch sur la S8.
Cercle restreint
Depuis, Lamborghini en a également fait évoluer la puissance, à 530 ch, pour la Gallardo Superleggera, mais toujours à partir du bloc de 5 litres, avant de présenter ces jours-ci une LP 560-4 qui, cette fois, bénéficie du bloc 5.2 à injection directe, porté à 560 ch. Sans les turbos !
Car chez Audi, la RS6 s’équipe d’une paire de turbos pour proposer sa kolossale cavalerie. Car 580 ch, c’est vraiment énorme, et peu de supersportives, Ferrari, Aston Martin et Porsche comprises, peuvent s’enorgueillir de posséder une telle puissance. Chez Porsche en effet, même la 911 GT2 s’avoue battue avec 530 ch (également avec double turbo).
Concerto pour un V10
Alors, à quoi ça sert un tel engin, en ces temps de répression routière et de prix du baril qui flambe ? À se faire plaisir, assurément, pour celui qui a toutefois les moyens de débourser 114 000 euros, pour une auto toutefois utilisable au quotidien, par toute la famille (puisqu’il s’agit avant tout d’une A6 Avant), dont la moindre accélération s’accompagne d’un concerto pour 10 cylindres en V. Inutile en effet d’atteindre des vitesses folles pour profiter des montées en régime de la mécanique.
Le tout dans une robe plutôt sobre. Car, hormis les initiés, qui distinguera du premier coup une RS6 de l’A6 Avant du premier directeur financier venu ? Seule la calandre à grosses mailles, les rétroviseurs chromés et les ailes saillantes - qui ne sont pas sans rappeler la Quattro originelle - permettent de l’identifier.
Céramique en option
Et, peut-être, la taille des roues. Car la bête se chausse quand même de 19 pouces, voire 20 en option. Ces roues cachent à peine des disques de freins en acier, alors que les mêmes éléments en céramique ne sont disponibles qu’en option, systématiquement associés aux roues de 20 pouces. Un peu mesquin, sachant que les disques en acier risquent vite de crier grâce pour arrêter les 2 tonnes de la bête bien lancée.
Prix : 114000 euros.